Brasserie Dow
La malédiction de la brasserie Dow

La malédiction de la brasserie Dow

La malédiction de la brasserie Dow

Contaminé à l'amiante

Montréal (Quebec), Canada

Bien que cet édifice ait été construit aux alentours de 1861, l’histoire de la brasserie Dow débute près de 60 ans plus tôt, soit en 1790, alors qu’un fermier du nom de Thomas Dunn se lance dans l’industrie de la bière à La Prairie qui était alors une halte importante pour les voyageurs faisant le trajet entre Montréal et New York. Alors qu’en bateau, il fallait compter une journée pour partir de Montréal, descendre le fleuve Saint-Laurent jusqu’à Sorel pour ensuite remonter la rivière Richelieu jusqu’à Saint-Jean-sur-Richelieu (autrefois appelé Dorchester), plusieurs voyageurs préféraient passer par La Prairie pour ensuite se rendre à cheval jusqu’à St-Jean-sur-Richelieu d’où ils embarquaient à destination de New York. Cela réduisait leur voyage d’une demi-journée au minimum.

Mais bon, revenons plutôt à notre industrie de la bière. C’est ainsi qu’en 1809, la brasserie est déménagée à Montréal sur la rue Notre-Dame et ensuite sur la rue Saint-Joseph en 1818. Le nom Dow provient de l’associé de James Dunn, fils de Thomas et qui s’appelait William Dow, maître brasseur écossais qui prend les rênes de l’entreprise en 1834.

La brasserie Dow connaîtra son âge d’or dans la première moitié du XXe siècle alors qu’elle possèdera plus de 60 édifices à travers le Canada et comptera plus de 1 000 employés. Elle sera à l’origine de la construction du planétarium à Montréal au début des années 1960 et qui portera son nom.

Dites donc Dow!

Alors que Molson était la bière bue à Montréal, la ville de Québec était un véritable château fort pour la Dow. 85% de toute la bière bue à Québec, et 51% de celle consommée dans le reste du Québec proviennent de la brasserie Dow. Véritable pionnier dans la promotion et le marketing, on disait à l’époque que Dow innovait alors que les autres suivaient.

La chute

Entre août 1965 et avril 1966, plus de 48 patients se présenteront dans des hôpitaux de la région de Québec souffrant d’une cardiopathie inhabituelle. Une quinzaine d’entre eux en mourront. Alors que leur alcoolisme est rapidement pointé du doigt, la brasserie Dow se voit mise sur la sellette alors que des journalistes rapportent qu’une enzyme, le sel de cobalt, était ajoutée pour favoriser la production de mousse et qu’elle était soupçonnée d’être la cause de ces décès.

Bien qu’aucun lien n’ait jamais été démontré entre la bière Dow et la mort de ces hommes, la brasserie cherchera à montrer patte blanche en déversant  les stocks restants dans le fleuve et cessera la production de sa bière dans sa brasserie de Québec. Alors qu’elle voulait se montrer bonne joueuse, la population y verra plutôt une reconnaissance de sa culpabilité.

Et c’est ainsi qu’en l’espace d’une seule année, la brasserie Dow perdra pratiquement toutes ses parts de marché au Québec. L’année suivante, soit en 1967, la brasserie est vendue à sa concurrente O’Keefe qui sera ensuite vendue à Molson en 1989. Bien que la bière Dow soit brassée jusqu’en 1998, elle ne se relèvera jamais de cette sombre histoire.

L’immeuble de la rue Notre-Dame est abandonné depuis 1998. Bien que cet immeuble soit contaminé à l’amiante, une portion du complexe a été convertie en condo et d’autres immeubles appartenant aujourd’hui à Molson-Coors ont, depuis, été vendus.
 

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